Les bébés pleurent un peu, beaucoup, trop… C’est très variable, ils sont tous différents. Il y a des gros dormeurs, des petits dormeurs, des bébés placides, des bébés très éveillés…
Pour un bébé, les pleurs sont la seule façon de signaler que quelque chose ne tourne pas rond. Il crie, semble souffrir terriblement, gigote rigoureusement, se tord dans tous les sens, devient bordeaux… Tout à fait entre nous, ses manifestations sont souvent un peu… démesurées! C’est très impressionnant, parfois même flippant, mais il faudra vous y faire. Dans quelques semaines, ses signaux seront plus variés en fonction de la "gravité" et de l’urgence du problème, et vous les décoderez plus facilement. Promis.
Alors, si votre bébé pleure, respirez profondément et prenez un peu de recul. Il crie, ce bébé, c’est clair, mais il n’est pas en danger, donc restez calmes! (C’est très contagieux, le calme.) Et réfléchissez. Il n’a sans doute pas faim (il a bien mangé il y a une heure et sa courbe de poids est parfaite), il n’a pas froid, il n’est pas mouillé. Il est peut-être tout simplement dans une phase (normale) de sommeil agité. Le sortir de son berceau le réveillerait et perturberait son sommeil. Patience! Allez faire un tour dans le salon. Il pleure toujours après quelques minutes? Parlez-lui, déposez votre main sur son ventre, tenez-lui la main, bercez doucement son berceau. S’il ne se calme pas, prenez-le contre vous: il doit peut-être faire un rot et sera soulagé après. Sinon installez-vous confortablement dans le divan et déposez-le sur votre torse, le nez dans votre cou. Il finira pas s’apaiser. Ou déposez-le dans son landau et sortez faire une promenade, le roulis l’endormira. Ou promenez-le dans un porte-bébé dans la maison, vos mains libres vous permettront de faire des tas de choses. Certains bébés ont un besoin de succion important, une tétine les aidera à s’apaiser. Si vous êtes très inquiets, voire débordés par les pleurs de votre enfant, parlez-en à votre pédiatre, lors de la consultation O.N.E., à une sage-femme.
Les fameux "pleurs du soir"
Les "pleurs du soir" surviennent parfois dès la première semaine, parfois quelques semaines plus tard et ils peuvent durer une demi-heure ou plusieurs heures. Le bébé hurle désespérément et toutes les tentatives de consolation échouent: être nourri, bercé, promené, baigné, massé. Il pleure de plus en plus, se calme quelques minutes puis se remet à crier de plus belle. En fait, il est surexcité, il faut donc éviter toute stimulation. Seul l’endormissement l’apaisera, déposé sur le ventre d’un de ses parents silencieux, dans un endroit calme et sombre, ou promené dans un porte-bébé dans les mêmes conditions, sans musique, ni télé, ni lumière.
Il n’y a aucun intérêt à laisser pleurer un bébé aussi petit seul, sauf peut-être pour le protéger des émotions excessives de ses parents… Dans la mesure du possible, l’aider à s’apaiser et à s’endormir dans la sécurité de la tendresse est bien plus satisfaisant, à condition de pouvoir rester calme et très patient.
Petit à petit, les crises du soir disparaîtront.
Micheline Cleeremans
Témoignages
"Je cherchais les mille et un trucs pour éviter que Maïa ne pleure. J’étais sans cesse en état d’alerte et, quand elle avait des gros chagrins, je me rendais malade pour elle. Cette semaine, j’ai vu le pédiatre, il m’a confirmé que Maïa a une tendance à la constipation, qu’elle est donc souvent inconfortable et plus grincheuse. Bizarrement, cela m’a rassurée. Je me suis dit: elle seule est capable de faire ses selles; pleurer sur elle ne sert à rien; la seule chose que je puisse faire, c’est la rassurer et lui faire sentir que je ne la lâche pas; elle a le droit de pleurer si elle est dérangée. Depuis, j’entends autrement ses pleurs. Ils me troublent moins, je les supporte mieux."
Anouck
"Difficile de laisser pleurer son bébé. Autant, pour les autres, on peut dire 'Laisse-le un peu, ça passera', autant, pour le sien, on se sent pris aux tripes."
Virginie
Autant savoir
Il dort la nuit!
Heureux parents, ceux dont le bébé commence à dormir toute la nuit. À partir de 6 semaines, il commence doucement à acquérir le rythme jour/nuit. C’est une question de rythme biologique. Ni biberon épaissi, ni biberon plus rempli n’y pourront rien changer.
À lire
Une mine de conseils: Le sommeil, le rêve et l’enfant des pédiatres Marie Thirion et Marie-Josèphe Challamel (Éd. Albin Michel, 2011, nouvelle édition revue et corrigée). À lire également: Bébé, dis-moi pourquoi tu pleures du pédiatre Jacky Israël (Éd. Érès, 2011).
D. D. et M. L.