Le Ligueur et mon Bébé

Votre enfant va naitre dans 9 mois

Quels examens médicaux?


"Supporterai-je physiquement ces neuf mois de cohabitation?" "Comment réagir si ça ne se passe pas aussi bien que prévu?" "Quels examens existent et quels risques présentent-ils?" "Comment savoir si l’évolution de l’enfant suit son cours normal?" "Que penser de tout l’attirail médical entourant la grossesse?" "Comment user des techniques avec modération et en connaissance de cause?"

Au fil des jours, les questions médicales s’imposent. Impossible d’y apporter des réponses toutes faites, parce qu’elles vous seront personnelles. En fonction de l’âge maternel, des facteurs de risque, du gynécologue, de la région d’habitation, la supervision médicale de la grossesse peut se passer fort différemment d’une future mère à l’autre.

Voici, dans les grandes lignes, les examens classiques et ceux plus spécifiques pratiqués lorsqu’ils se justifient. Certains visent à s’assurer que tout va bien du côté de la maman, d’autres concernent directement le fœtus.

Anamnèse
Il s’agit de l’interrogatoire habituel. La femme enceinte est questionnée sur son état de santé général, sur ses problèmes passés et actuels, sur la présence éventuelle de maladies héréditaires et de malformations dans sa famille et sa belle-famille… Tant son vécu physique que son état émotionnel sont évoqués ici.

Examen clinique
Mesure du poids, prise de la tension artérielle, palpation du ventre, examen gynécologique (état du col de l’utérus, mesure de la hauteur de l’utérus…), écoute du cœur du bébé…

Test d’urines
Il est régulièrement pratiqué, en vue d’un dépistage d’un problème rénal, d’une infection urinaire, de la présence de sucre, d’albumine…

Examen sanguin ou hématologique
Il permet de déterminer le groupe sanguin, le facteur Rhésus, ce qu’il en est de l’immunité pour certaines maladies (rubéole, toxoplasmose, cytomégalovirus, hépatite B, hépatite C, sida…). Il permet le dépistage d’une anémie et l’estimation des réserves en fer. Il donne une indication de la fonction des reins et de la coagulation. Il sert aussi à dépister un diabète de grossesse.

Examen échographique
Examen spécifique à la grossesse, il permet de surveiller l’état de santé du bébé et du placenta. Il est pratiqué classiquement trois fois: la première fois avant la 13e semaine, la deuxième vers la 22e semaine et la troisième pendant le troisième trimestre de la grossesse. Ces trois échographies, prises en charge par la sécurité sociale, ont chacune leurs raisons d’être.

Des examens plus spécifiques ont pour but d’estimer un risque d’anomalie du fœtus et d’en faire le diagnostic. En règle générale, ce risque peut être estimé approximativement au moyen des statistiques relatives à l’âge de la femme enceinte. Ainsi, de 24 à 34 ans, la fréquence d’anomalie chromosomique passe de 1 pour 500 à 1 pour 250, alors qu’à 41 ans, elle est de 1 pour 50 et, à 44 ans, de 1 pour 25.

Triples tests, choriocentèse, amniocentèse
Le triple test donne un calcul statistique de risque pour une femme enceinte de porter un enfant qui présente une trisomie 21. Autrement dit, son résultat ne permet pas de poser un diagnostic de trisomie 21, mais il détermine s’il est pertinent de pratiquer ensuite un examen particulier pour confirmer ou non la présence d’une trisomie 21. Existent le triple test du premier trimestre et celui du deuxième trimestre.

Le triple test du premier trimestre est un test de calcul statistique de risque disponible déjà depuis quelques années. Il combine une prise de sang chez la mère pour le dosage de deux hormones placentaires et une échographie de la clarté nucale du fœtus (mesure de l’épaisseur de la nuque). Ce test est pratiqué entre la 10e et la 14e semaine d’aménorrhée; il permet donc de ne plus attendre le deuxième trimestre de grossesse comme l’exige le triple test du deuxième trimestre, plus ancien (voir ci-après). Une réponse positive à ce test pose l’indication d’une analyse des chromosomes, par choriocentèse ou amniocentèse. Aujourd’hui, la grande majorité des gynécologues le proposent à leurs patientes.

Le triple test du deuxième trimestre détermine s’il est pertinent de pratiquer une amniocentèse. Il consiste en une prise de sang, visant à doser trois hormones placentaires. Ce triple test du deuxième trimestre, réalisé entre la 15e et la 19e semaine d’aménorrhée, est effectué seulement si celui du premier trimestre n’a pas pu être fait.

La choriocentèse, qui peut être pratiquée vers la 11e semaine d’aménorrhée, consiste en une biopsie des villosités choriales, c’est-à-dire du placenta. L’amniocentèse, praticable dès 15 semaines d’aménorrhée, est une ponction qui permet de prélever un peu de liquide amniotique dans lequel baigne le fœtus. Chacun de ces examens précise si le fœtus est atteint ou non d’une maladie chromosomique, héréditaire ou autre. Il faut néanmoins noter qu’ils ne sont pas sans risque pour l’enfant: le risque de provoquer une fausse couche en faisant le prélèvement des villosités choriales est de 1 pour 100; en cas d’amniocentèse, le risque d’arrêt de grossesse est de 1 à 4 pour 1000.

La pratique de ces tests génère, la plupart du temps, de l’inquiétude chez les parents, inquiétude qui peut parfois tourner à l’obsession. Peut-on, dès lors, parler de risque psychique? Oui, dans la mesure où, parfois, certains parents s’empêchent de continuer à penser à la grossesse et à rêver leur enfant tant qu’ils n’ont pas retrouvé une certaine réassurance sur base des résultats. Et entre-temps, les semaines passent… Si le diagnostic anténatal rassure, il apporte aussi son lot de questions et responsabilise très fort les parents.

Ces différents examens sont les plus courants. D’autres existent. Si votre médecin vous prescrit un examen dont vous ne comprenez ni l’intitulé ni le sens, n’hésitez surtout pas à le questionner.

En lisant ces lignes, peut-être aurez-vous des vagues d’inquiétude. Mais ne l’oubliez pas: dans la majorité des cas, il est rassurant de faire ces examens médicaux. Et la plupart des bébés naissent en bonne santé!

Anne-Céline Cheron, Martine Gayda et Corinne Hubinont

 Cytomégalovirus et toxoplasmose

Si vous n’êtes pas immunisée contre le cytomégalovirus et le toxoplasme, un dépistage régulier vous sera proposé.

Le cytomégalovirus
Le CMV est un virus fréquent chez les jeunes enfants. Il s'établit chez l'hôte sous une forme "dormante", mais un épisode de réactivation est possible et peut survenir pendant toute la vie, et très rarement au cours de la grossesse.
Les femmes enceintes en contact avec de jeunes enfants devront donc éviter de boire ou manger dans la même vaisselle. Une autre précaution est de se laver les mains après tout contact avec les urines ou la salive de ces enfants.
En Europe, 40 à 80 % des femmes enceintes sont susceptibles de faire une infection au CMV et environ 1 % de ces femmes la contractent pendant la grossesse. Dans des cas très rares, le fœtus peut présenter des anomalies (de gravité très variable); on vous conseillera donc de faire des examens complémentaires (échographie, amniocentèse).
Aucun traitement ni vaccin ne sont actuellement disponibles, ce qui explique pourquoi le dépistage du CMV n’est pas systématique.
Ce sujet est complexe et est encore l’objet de recherches. Il est au cœur de nombreuses controverses, d’où les incohérences dans les attitudes de mise à l’écart des professionnelles s’occupant d’enfants.

La toxoplasmose
Le toxoplasme est un parasite spécifique au chat; il peut aussi être l'hôte de l'homme, du bœuf, du mouton, du poulet, du porc… Les principaux modes de contamination humaine se font par les aliments souillés par les déjections des chats "toxoplasmés" et par la viande d'animaux parasités.
Le risque d'infection par le toxoplasme pendant la grossesse est d'environ 0,5 à 1 %. Dans ce cas, il existe un risque de complication pour le fœtus, qui nécessite la réalisation d’examens complémentaires.
La prévention de la toxoplasmose chez la femme enceinte repose sur différentes mesures hygiéno-diététiques:
- ne consommer que de la viande cuite à plus de 66° (c'est-à-dire non saignante),
- bien laver les fruits et les légumes,
- se laver soigneusement les mains et ne pas les porter à la bouche lorsqu'on a manipulé de la viande crue,
- protéger les aliments des insectes,
- éviter tout contact avec une litière de chat, un bac à sable, et porter des gants pour changer la litière ou pour jardiner.
Il n'y a pas actuellement de vaccin contre la toxoplasmose. Par contre, des traitements efficaces existent pour diminuer le passage du parasite vers le fœtus.

Anne-Céline Cheron
 

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