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À 16 ans, c’est souvent une surprise de se voir confirmer une grossesse. Les émotions fusent en tous sens: angoisse, joie, panique, fierté, peur…
Et les questions prennent toutes les directions.
- Comment en parler aux parents?
- Le garder ou le faire partir?
- Matériellement, comment assumer?
- Comment faire pour que mon enfant ne devienne pas celui de ma mère ou de ma belle-mère?
- Ne risque-t-on pas de me (nous) le prendre?
- Que vont dire les copains?
- Fera-t-on enfin attention à moi avec mon gros ventre?
- Combien de temps vais-je pouvoir (ou pourrons-nous) cacher cette grossesse?
- Son père sait ou ne sait rien… Comment va-t-il réagir?
- Est-ce vraiment lui dont je rêvais comme père?
- Est-ce vraiment avec lui (avec elle) que je voulais construire une famille?
- Et s’il se désengage, comment vais-je faire seule?
Une marée d'avis
Côté entourage, chacun y va de son commentaire. Les incitations à l'avortement sont nombreuses; on parle aussi d'adoption. Il vous faut une sacrée dose de détermination pour que votre projet reste le vôtre.
Au milieu de cette marée d’avis ou face aux ruptures que la nouvelle engendre, la solitude est parfois très grande. Vos joies, inquiétudes, questions ne sont pas toujours entendues. Voilà, pourtant, un moment où votre besoin de sécurité est très présent. Ce sont souvent les professionnels du champ de la naissance ou quelques amis qui pourront représenter cette sécurité. Ils sont là pour ça, en dehors des enjeux d’honneur ou de la honte familiale.
Définir sa place de parent
Cette grossesse va redessiner les liens entre les générations. L’attitude de surprotection des futurs grands-parents entraîne un retour à la case "enfant-de-ses-parents"; celle de rejet, un saut dans l’autonomie forcée; et entre les deux, passé le moment de stupeur, il y a l'attitude qui consiste à dire: "On fait avec…"
Définir sa place de maman ou de papa tourne parfois au combat, alors que, légalement, on reste, pour deux ans encore, sous la tutelle de ses parents. Ces derniers croient souvent devoir prendre une place de mère ou de père – au lieu de celle de grands-parents apportant leur soutien – à l’égard du bébé à venir. Et si les grands-parents ouvrent leur maison à la future nouvelle famille, ce petit bout qui naîtra ne sera pas non plus le frère ou la sœur des autres enfants vivant sous le toit familial, même si, dans la vie quotidienne, ils seront tous "à la même sauce".
La place que chacun occupera au cœur de ces trois générations est à négocier dès la grossesse. Même si la nouvelle est accueillie positivement, ne laissez pas de côté les questions importantes.
- À qui revient la place auprès de moi, future maman, lors des consultations gynécologiques, des échographies, de l’accouchement?
- À qui revient le choix du nom? Ou qui décide si le papa reconnaît l’enfant?
- À qui revient le plaisir de choisir la layette? Certains cadeaux pèsent parfois lourd en dettes de reconnaissance, d’autres sont une réelle aide.
Une grossesse n’empêche pas de poursuivre ses études. Les écoles, aujourd’hui, aident à rendre la chose possible, parce qu’une jeune maman avec une formation en main, et donc un avenir ouvert devant elle, est beaucoup plus forte. L’enfant en sera le premier bénéficiaire.
Reine Vander Linden
Témoignages
"Quand j'ai vu que j'attendais un bébé, j'ai cru que j'allais m'évanouir. Ce qui me faisait le plus peur? Les remarques des autres et les pressions que j'allais subir. Heureusement, il y avait ma gynéco. Elle m'écoutait, me soutenait et je savais qu'elle ne dirait rien de ce que je lui confiais. Maintenant, Jérémy est là. Mes copines de classe sont jalouses. Ça me rend fière, mais il y a quand même des jours où j'en crève."
Mélissa, 17 ans
"Mon bébé, je le voulais même si je savais que cela ferait la guerre chez moi."
Alexia, 16 ans