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Parfois, beaucoup de bonheur… Parfois aussi, il faut le dire et l’écrire, c’est dur dur avec ce petit ou ce grand – selon le regard qu’on lui porte. La vie avec cet enfant, c’est du bon et du moins bon. Elle est parfois si prenante qu’on a du mal à imaginer de se laisser vivre quelques heures sans lui alors que l’on pourrait être avec lui.
Se permettre un moment, une heure ou deux, une demi-journée ou une tout entière, de temps en temps, sans ce bout de chou, paraît pour certains impensable; surtout si ce n’est pas imposé, soit parce qu’on ne travaille pas, soit parce qu’on manque de "bonnes raisons". Mais faut-il vraiment une "bonne excuse" pour laisser un temps son enfant en d’autres mains?
"Une halte garderie? Pour quoi faire? Je ne travaille pas aujourd’hui… J’ai des choses à faire, mais je peux les assumer avec Zoé. Je ne vais tout de même pas demander à d’autres de s’en occuper, alors que je suis disponible… Je n’ai pas de raisons de le faire", s’exclame Régine, la mère de Zoé. Quant à Angela: "Ben est si bien avec moi, je n’ai pas le cœur de lui imposer cette séparation, d’autant plus qu’elle n’est pas nécessaire: je ne travaille pas. Cette situation est déjà un luxe en soi, que nous avons choisi, son père et moi."
Certes, certaines mamans sont très isolées et n’ont, concrètement, pas le choix de souffler un peu. Et pourtant, être avec un petit enfant vingt-quatre heures sur vingt-quatre est probablement un travail bien plus épuisant que tous les autres lorsque manquent les relais. Certaines mères vivent très bien cette proximité permanente avec leur enfant et lisent probablement ce papier en diagonale, par curiosité. Pour d’autres, la question se pose peut-être davantage. L’envie de souffler peut être mise en suspens par la culpabilité… Comme s’il fallait de "bonnes raisons" pour laisser un temps son enfant en d’autres mains, comme s’il fallait une "bonne excuse", telle que le travail, un rendez-vous chez le médecin ou une maladie qui cloue au lit.
Et si ces séparations ponctuelles pouvaient, pour tous deux, être salutaires? Si elles constituaient en elles-mêmes une très bonne raison? Si elles permettaient à l’enfant d’élargir son mode de relation et à la mère de souffler un peu? Si la bonne raison était de prendre du temps pour soi, pour son couple? Et si c’était bon pour l’enfant que sa mère soit paisible et reposée et que le couple de ses parents se retrouve de temps en temps? S’il était bon pour l’enfant de saisir que sa mère peut prendre du bon temps pour elle en dehors de lui et qu’il peut faire pareil et se faire plein de copains en son absence?
Vanessa Greindl