Inutile de jouer au plus fort avec un enfant de 13-15 mois. Il fait ce qu’il veut faire, fonce comme il peut vers ce qu’il convoite, en toute insouciance. Il ne peut pas tenir compte des objets qui l’entourent comme des dangers qu’il encourt. S’il veut quelque chose, il doit l’avoir. Ce qu’il a le droit ou pas de faire n’est pas le moins du monde son affaire, c’est la vôtre.
"Doriane est devenue casse-cou en quinze jours de temps. Nous devons réaménager tous les objets du salon car les trois quarts d’entre eux sont devenus potentiellement dangereux. Elle ne réalise pas qu’en tirant le cordon électrique, la lampe peut lui tomber dessus, que la porte de la commode peut lui coincer les doigts, qu’elle peut dégringoler des trois petites marches…"
Lise
Il fonce et entre dans de grosses colères quand il rencontre un obstacle. Inutile encore de le raisonner, de discuter, de négocier. On ne discute pas avec les terroristes, on s’en écarte ou les éloigne, seule façon de leur montrer qu’on n’accepte pas leurs méthodes.
"Noël, pour exprimer sa frustration, s’assied jambes écartées et se tape la tête au sol. On lui dit qu’on n’est pas d’accord avec ses comportements et on le met dans un coin où il y a des coussins. Au début, on le raisonnait, on lui disait que ça nous inquiétait, il se tapait plus encore. Maintenant, on a compris que l’éloigner de nous en lui disant calmement qu’on peut comprendre sa colère mais qu’on n’a pas, nous, à devoir supporter ses hurlements et gesticulations amène un apaisement à peu près immédiat."
Virginie
Fini les câlins selon notre désir!
L’enfant de 13-15 mois ne se laisse plus faire comme avant. Il s’échappe, se débat quand il estime qu’il a sa dose ou qu’autre chose l’attire. C’est lui qui décide. On perd le choix du quand et du comment. Après tout, il nous montre qu’il a aussi ses territoires et moments d’"envie" et de "pas envie".
"Je réalise que plus l’autonomie motrice de Gaël augmente, plus je dois tenir compte de ses envies. Avant, je le prenais et l’embrassais comme je voulais. Maintenant, il a aussi son mot à dire."
Charlotte
Debout, le p’tit loulou!
L’univers d’un petit qui accède à la marche s’élargit fortement en comparaison à celui d’un bambin assis ou couché. Pas étonnant qu’il ressente des fourmis dans les jambes et beaucoup de frustrations quand il n’arrive pas à atteindre son but ou qu’il se frotte aux limites qu’on lui impose. Pas étonnant aussi dans le clan des parents d’être bien partagés face à la marche: fierté et nostalgie nous font tanguer. On s’émerveille devant l’adresse de son enfant ou on tremble, ému de le voir vaciller puis se rattraper et s’écraser ensuite dans nos bras. On se dit par ailleurs: "Fini ce petit tout à nous, dépendant de nous."
"Niels a marché tôt. Pendant plus d’un an, je me suis demandé si j’avais de la chance ou de la malchance d’avoir un enfant précoce."
Diane
Reine Vander Linden