Le Ligueur et mon Bébé

Votre enfant a déjà 10 mois

Quand l'amour ne suffit pas à soulager la douleur

Morgane souffre d’une otite. Éléonore s’est brûlée. Maxence s’est cogné, il s’est fait une large plaie. Jonathan a chuté et c’est la fracture…

Maladies, blessures, traumatismes… Prises de sang, radios, perfusions, sutures, ponctions… L’enfant, même petit, est confronté à la douleur. Et, à tout âge, celle-ci est, fondamentalement, intolérable.

Comment le bébé dit-il qu’il a mal?

Impossible d’ignorer la subjectivité quand on parle de ce sujet! Est douleur… "tout ce qui est décrit comme telle". Elle "n’existe que parce qu’elle est ressentie". "Il n’y a pas d’accès direct à la douleur d’autrui. Toute approche de la douleur de l’autre passe par la communication" (1).

Il y a des douleurs aiguës (liées à une plaie, une entorse, une brûlure…) et des douleurs chroniques (notamment en cas de cancer ou d’une autre maladie grave). Il y a des douleurs… plus ou moins douloureuses. Certaines maladies, telle l’otite, se manifestent d’abord par la douleur qu’elles suscitent.

Le bébé autour de 10 mois ne réagit pas à la douleur de la même manière qu’un enfant de 4-5 ans ou qu’un adulte. Quand celle-ci dure, il ne bouge plus et se tait, il est triste et prostré, remarque-t-on. Sa façon de dire qu’il a mal peut, dès lors, dérouter: ce n’est pas parce qu’il ne pleure ni ne crie qu’il ne souffre pas…

Prévenir et soulager la douleur du bébé

Jusqu’au milieu des années 1980, on estimait que le bébé, étant immature, ne ressentait pas la douleur. C’était alors une évidence. Argument de l’époque: l’absence, autour de certaines des fibres nerveuses du bébé, d’un manchon de myéline, substance permettant au message de se déplacer très vite dans le nerf. Or, on savait déjà qu’une bonne part des fibres transmettant le message de la douleur vers le cerveau étaient sans myéline.

Que de chemin parcouru en quelques années! Prévenir et soulager la douleur de l’enfant est devenu, aujourd’hui, une préoccupation primordiale des équipes soignantes. Il existe des analgésiques sous diverses formes et à doses variables. Quand un enfant arrive aux urgences d’un hôpital, on lui administre immédiatement un médicament antidouleur. Un premier geste réflexe, en quelque sorte… "Le médecin ne doit pas attendre que l’enfant ait mal pour lui donner un analgésique si son diagnostic est posé, insiste une pédiatre. Car, une fois la douleur déclarée, s’installe le cercle vicieux qui fait qu’on devra administrer des doses de plus en plus fortes pour la calmer." De plus en plus aussi, les enfants qui ont mal profitent, dans le cadre de mises au point ambulatoires, de médicaments antidouleur de courte durée, ne nécessitant pas une surveillance excessive.

La peur de l’inconnu continuera sans doute à faire pleurer l’enfant, mais les médicaments antidouleur apaiseront sa douleur. Les parents s’interrogeront peut-être sur ces moyens qu’ils auraient tendance à rattacher à des drogues. Ils devront peut-être être rassurés sur leur caractère non dangereux. Ils devront peut-être s’entendre dire que le choix d’un analgésique est lié à l’intensité de la douleur, et pas forcément à la gravité de son origine.

Quand la douleur de l’enfant est apaisée, famille et équipe soignante peuvent aborder de façon plus sereine, plus confiante aussi, ce qui arrive; ils peuvent mieux se concentrer sur le traitement et mieux communiquer. Cela ne rendra jamais la maladie plus plaisante. Plus acceptable, peut-être…

(1) Anne Gauvin-Piquard et Michel Meignier, "Maman, j’ai mal!", Paris, Éd. Pocket, 1994 (épuisé).

Martine Gayda et Marguerite Landsberg

"Être présent auprès de mon enfant, lui tenir la main lors de l’induction de l’anesthésie par exemple, c’était important pour moi. Mais je savais que je ne devais pas flancher. Car qu’aurais-je apporté à mon bébé si je m’étais montrée hyper stressée par son opération?"
Mireille
 

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